Recyclez-vous!

« Un bon déchet est un déchet que l’on ne produit pas. » John Wayne

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cloaca Wim Delvoye , Cloaca, 2000 ( la machine à caca!)

Et pourtant il est impossible de ne pas en produire. Eh oui, c’est comme ça : nous sommes voués à produire de la merde, c’est la vie. En tant qu’artiste, la question me travaille particulièrement : pourquoi produire encore ? Est-ce que j’apporte vraiment quelque chose ou c’est juste une sorte de bouillie issue de la digestion intellectuelle de mon environnement ? L’art : une merde cérébrale ? J’attends votre avis.

Vous avez 4 h. En attendant devinez qui mange de la merde. Bravo : les mouches (entre autres). Un de ces animaux dont on entend parfois dire : « putain, mais à quoi ça sert ces bestioles?! » . Ben à manger de la merde. Et vu la quantité qu’on produit chaque année, nous humains, sommet de la pyramide alimentaire, heureusement qu’elles sont là.

La vraie question est « A quoi tu sers, toi ? » . Et oui toi, fier spectateur ou fidèle lecteur, oserai tu te prétendre plus utile qu’une mouche? Moi même, d’où me vient cette prétention de créer des objets qui me survivront, quitte à abimer la biodiversité que je prétend défendre. Allez brève présentation de ce que tu as sous les yeux si tu as eu l’audace de flasher ce QR code dans la galerie du Dahu. Si tu es là pour une autre raison, arrête de scroller et viens voir les œuvres en vrai, de préférence à pied!

  1. Lé de mouches , linogravure itérée sur papier peint. Pour faire bref, les insectes sont en train de disparaitre, pourvu qu’on ne se rende pas compte trop tard qu’on a plus besoin d’eux que l’on ne le croit…
Enfin celui-là il m’a bien fait suer cet été. Mes œuvres sont truffées de son ADN (et du mien du coup)

2 : Recycling people, recycling world, linogravure itérée sur papier et cadre en vinyle. Notre production de déchets est pharaonique. Et si la solution c’était de recycler l’humanité tout entière? Re- cycler , avec des vélos. Même s’il est possible que certains envisagent des solutions plus violentes… Le cadre et l’affiche peuvent être vendus séparément.

3 : Medusa revolution symphony, linogravure itérée sur papier et cadre en vinyle rotatif. Une révolution bien silencieuse que celle de ces animaux si fragiles noyés dans du plastique. Une merveille de la nature qui tourne en rond depuis la nuit des temps, ça vous rappelle quelqu’un?

4 : Shein on you, shame on us, linogravure sur papier, encadrement sur jean usé. En réalité le motif a été imprimé une première fois sur du jean avant d’être appliqué sur le papier. C’est ce qui donne cette texture particulière à l’encre jaune sur fond noir. Les textiles imprimés de la sorte seront cousus pour fabriquer une immense toile ( cape?) afin de sensibiliser le plus grand nombre à l’impact de la mode sur notre environnement et à promouvoir une économie solidaire et responsable. Si le projet vous intéresse, j’ai besoin de soutien, de textile et de contacts pour exposer et promouvoir le sujet. On en reparle bientôt j’espère.

5 : Eaux troubles ( la conspiration) : techniques mixtes. Ne nous attardons pas sur le titre, il est juste mystérieux pour attirer l’attention ( ce qui n’enlève rien à la qualité du travail). Parlons plutôt des techniques, le poulpe au premier plan est un moulage de mon estampe dans de la pâte à papier. Une technique empruntée à Louise Nevelson, artiste que j’ai découvert à Metz cet été. L’empreinte est réhaussée par une impression en linogravure. Sous un morceaux de plexiglas recyclé dans un vieux cadre recyclé, une masse d’autres poulpes imprimés en linogravure semble s’agiter. Le titre n’est peut-être pas si anodin que ça: la masse obeit-elle au grand poulpe, quitte à s’entretuer ou cherche elle à briser cette vitre qui les oppresse?

La technique que je nomme linogravure itérée et qui représente une grande part de mes travaux actuels consiste à répéter indéfiniment le même motif, quitte à dépasser le support. En effet ma gravure n’est pas souvent numérotée. Mon objectif est de créer de la singularité dans cette multiplicité. Le caractère reproductible de la gravure n’est donc qu’un outil au service de la création. Je ne désire pas produire mais créer, la numérotation n’a donc guère de sens. Mes estampes sont mon alphabet et je ne peux leur donner un nombre maximal d’impressions.

Ps : vernissage le 18 septembre à 18 h, et retrouvez mes permanence à la page agenda

Andres Serrano,  » Immersion (Piss Christ) « , 1987. On a commencé par du caca, je n’avais pas le choix.

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