C’est du vent. 3ème élément : l’air.

Il m’a donné un peu de fil à retordre celui-là. Il est plein de N mais je l’aime bien quand même. Vous noterez qu’un lapin domestique (Oryctolagus cuniculus) a légèrement léchouillé une particule d’azote. Il commence à me pomper l’air l’animal. Je ne sais pas pourquoi il adore autant le bleu de prusse…Enfin voilà, encore 2 affiches à vendre, à exposer ou à transformer en avions en papier. 100 euro l’avion.

Le 2ème élément : la terre

Et voilà, 2 affiches grand format. La première : une terre brute (et sèche) . Un motif qui permet de donner naissance à la deuxième, illustration du fameux poème d’Eluard : « la terre est bleue comme une orange ». D’autres pochoirs sont à l’étude et toutes les idées sont les bienvenues. Je superposerai bien la terre et l’eau à l’occasion, histoire de voir si quelque chose pousse… J’en profite pour vous annoncer que ces affiches (et bien d’autres choses) seront exposées à la Médiathèque de Seichamps du 12 mai au 14 juin. On en reparlera, en attendant je vous accueille toujours à la maison/atelier avec ou sans rendez vous (enfin si je ne suis pas là, c’est moins bien quand même).

L’eau

Pas d’image de la semaine cette semaine. Ou plus exactement la même image déclinée en plusieurs affiches. On parle toujours de nourriture. Un élément essentiel en tout cas, bientôt les 3 autres…

Tant de forêts

C’est beau l’art. C’est encore plus beau quand c’est sur un beau papier avec des peintures de qualité. La production d’images à grande échelle n’a pourtant pas que des bienfaits. Qu’elles soient sur papier ou numériques. Ma démarche artistique se veut au plus proche des enjeux écologiques de notre époque. Recyclage des papiers, choix responsable ou recyclage des vêtements, recyclage de vieux cadres. Pourtant il reste beaucoup à faire. Les colles et les peintures que j’utilise ne sont ni bio ni éthiques. Efficaces seulement. Si mes tweets ( tableaux) dénoncent une consommation excessive d’images et d’information superficielle sur les réseaux sociaux, mon existence comme celle de millions d’autres est liée à cette consommation. Je contribue donc, tout en le dénonçant, au sabordage de la planète. Consommation qui s’ajoute à celle du papier, qui n’a pas encore disparu. Si l’accumulation a été jusque là mon fer de lance, ma pratique va donc évoluer vers des œuvres plus rares mais plus proches de mon projet. L’artisan Durupt reste évidemment à l’écoute de vos projets et mes anciennes créations veulent bien s’inviter dans votre salon. Je n’ai presque plus de lino. L’envie d’en racheter est bien présente mais l’envie de m’inscrire plus encore dans une logique de développement durable me retient. Si vous en trouvez ou en jetez par contre, je récupère (attention je suis difficile).

Pour conclure, si la quantité de production ralentit, les commandes et les visites continuent. Les expositions reprendront aussi. 2021 s’annonce comme la fin d’un cycle mais ne sera pas la fin de mon désir créatif. Abonnez vous au site pour être les premiers à découvrir les nouveautés. Plus que jamais l’avenir est à inventer. Individuellement et collectivement mais pas seulement derrière un écran

Tant de forêts


Tant de forêts arrachées à la terre
et massacrées
achevées
rotativées
Tant de forêts sacrifiées pour la pâte à papier des milliards de journaux
attirant annuellement l’attention des lecteurs sur les dangers du
déboisement des bois et des forêts.

Jacques Prévert

Petit poème qu’on pourrait transposer aujourd’hui à nos chers « écrans » sensés aider à la transition écologique…

Tâchiste!

Ah les tâches ! Qu’est ce que j’aime ça. Une bonne tâche de graisse, de cambouis, de vin, de chocolat… Une tâche de peinture. Une gouttelette ou tout un seau renversé. Une coulure non désirée. Une tâche de rouille ou de moisissure qui apparait par transparence. Une tâche de naissance. Une tâche de vieillesse. L’histoire que racontent ces traces sur un plancher, un mur, la robe de Monica ou un col de chemise ( le clip de Daft Punk souvenez vous) nourrit notre imaginaire. Qui n’a jamais scotché sur une tâche au plafond avant de s’endormir ? Savez vous que le Tâchisme est un vrai mouvement artistique ? Mes travaux ne s’en approchent guère et pourtant mes impressions préférées ne sont pas celles bien propres qui font la célébrité de la linogravure. Je raffole de ces plis, de ces vagues qui naissent de la séparation de l’estampe et de son support. Les encadrements vitrés me frustrent, il est tellement incroyable de passer ses doigts sur ces lignes de matière, de toucher ces sillons qui font que chaque impression est unique. Les tâches, les ratés. Si elles ne sont pas l’objectif, ces erreurs donnent parfois naissance à de grandes choses et je tenais ce soir à leur rendre hommage. Et pour les tâches indélébiles, rien de tel que de les recouvrir par une autre ! Tous les supports et tous les motifs sont envisageables, en linogravure, pochoir ou autre.

Non ce n’est pas un test de Rorscharch.

Sortez les dossiers du placard

Après un peu de rangement et de dépoussiérage, je vous propose quelques « vieilleries » de 2014 et avant. Elles datent de la même époque que le « first tweet » qui orne le bandeau du site et qui est désormais exposé dans le Jura. Mes recherches pour trouver ce qui fait d’un individu son identité propre parmi ses pairs continuent. Je n’ai toujours pas trouvé non plus ce qui nous rassemble tous dans cet incroyable bordel qu’est la vie. Ni l’image qui symboliserait cette force supérieure, qui unit le tout et dont parle mon gourou (il se reconnaîtra). Peut-être que certains pourront m’aider. Une chose est sûre, je vais vous solliciter pour fabriquer un langage graphique et symbolique qu’aucun ordinateur ne comprendra avant de ressentir des émotions. Venez donc les voir en vrai, mon appareil photo est un traître.

Vous n’avez là que les plus grands, les petits faudra venir les chercher!

Renaud durupt: l’art maigre

Bande dessinée, illustration, carnet de croquis, peinture, sculpture, gravure, … « Les gens comme toi, c’est des plasticiens ». Ce n’est pas mon appellation préférée, mais pourquoi pas. On est tous un peu artiste, nous sommes des êtres sensibles. Pour moi cela se traduit par une soudaine, furieuse et irrépressible envie d’entrer en résonance avec le monde qui m’entoure. Et cela prend parfois des tournures surprenantes.

La linogravure est devenue quelque peu obsessionnelle et prend parfois le pas sur le reste, elle a pris beaucoup de place dans mon cœur et dans ma vie. C’est parce qu’elle me permet d’aborder mes sujets de prédilections : tout ce qui touche à l’universalité et à l’intime. Aux rapports entre les deux.

Mes matériaux préférés sont pauvres, mes inspirations sont simples : la nature, les émotions, les rapports humains, la mort, l’amour, … Le résultat : de l’art maigre. Du recyclage, du bricolage, des recherches, du mouvement, du changement, de la rénovation d’œuvres brisées récemment. Le tout sans donner de leçon même si j’adore partager mes tambouilles de techniques mélangées.

« Tu mélanges tout ! » m’a dit un jour une femme en colère. C’est vrai, comme tout le monde. Toutes les facettes de notre vie s’entremêlent pour créer notre réalité et pour la confronter à celles des autres. Alors je fais moi même le mélange des couleurs , pour mon plaisir et pour essayer de remuer quelque chose dans votre cœur.