L’arbre aux épines

Une étrange accumulation à découvrir place du marché de la chèvre à Metz

« Il ferma les yeux, mais les éclairs étaient encore visibles à travers ses paupières. Il se souvint de l’éclat des cristaux de glace qui soufflaient à travers les ruines chaotiques des collines basses à proximité des Tombeaux du Temps, et aussi de la lueur métallique encore plus glacée et irréelle qui émanait de l’arbre fantasmagorique du gritche, hérissé de formidables piquants d’acier. Il ne pourrait jamais oublier les hurlements qui montaient dans la nuit ni le regard du monstre à mille facettes de rubis sanglants »

Extrait des Cantos d’Hyperion, Dan Simmons

Un article sur la souffrance? Ah ben merci Renaud, on va rigoler.

Allez, faites pas la gueule, regardez je vous ai fait Bart Simpson. On va voir quels effets le temps a sur lui!

Faut-il souffrir pour être belle? Les patates souffrent-elles quand on les taille? Les gros inspirent-ils confiance? Qui a réellement inventé les frites? Tant de questions auxquelles je ne répondrai pas. En tout cas, pas aujourd’hui.

Une chose est sûre, la souffrance est une sensation qui unifie l’humanité. Qui unifie le règne animal. Soyons fous, allons jusqu’à unifier le vivant dans son ensemble. Putain, si ça se trouve même Poutine souffre parfois!

Elle touche tout le monde sans distinction. Malgré son caractère universel, la souffrance est quelque chose de très personnel. Chaque individu la perçoit différemment ( certains vont jusqu’à l’apprécier!) et ne connait que la sienne. Elle fait partie des toutes premières sensations que nous pouvons ressentir en venant au monde. C’est une donnée essentielle dans la construction de l’empathie, dans la gestion de notre humeur quotidienne, elle a donc un rôle important dans nos décisions. Son absence ou son endormissement également.

Je souffre donc je suis. Mes patates sculptées réagissent à la souffrance en cicatrisant et en construisant une nouvelle peau qui les protège de l’extérieur. Si je leur laisse de la peau, certaines parviennent même à germer et à espérer prolonger leur vie ( oui, oui, je me mets dans la tête d’une pomme de terre ) .

Venons en à parler de la souffrance que l’on inflige. Eh oui, on souffre et on fait souffrir, parfois même involontairement ( non, promis je ne parlerai pas de SUV) . La souffrance volontaire n’est pas mon truc, à part la course à pied et Dostoïevski peut-être, mais ce serait mentir de dire que je n’ai jamais souhaité les souffrances de quelqu’un. Et donc voici venu l’arbre aux épines, un arbre où sècheront pour l’éternité certaines figures qu’il est dangereux d’attaquer en vrai. Un mélange de Vaudou et de méthode Coué.

Rassurez vous, tous les suppliciés sont à vendre : prix unique : 30 € si vous avez pitié d’eux. Il restera à leur trouver une place chez vous. Pour l’instant vous pouvez venir les admirer à Metz, vernissage demain à 18 h. Pour ceux qui voudraient s’essayer à la sculpture et vouer quelqu’un aux gémonies, retrouvez les dates de mes permanences sur la page agenda et venez sculpter à mes côtés.

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